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* cliquez ici si vous préférez lire ce message dans votre navigateur * Si ce mail vous est utile, transférez-le aux auteurs de votre entourage ou offrez-moi un café. Bonjour, Exercice d'échauffementÉcrivez un texte sur un personnage se livrant à une habitude quotidienne. Rien d'extraordinaire. Le personnage se fait un café, ou son yoga du matin, ou se rend au travail. Laissez-vous porter par la "vérité" du personnage, cette intuition qui vous pousse dans telle ou telle direction et vous fait dire : "c'est ça, c'est juste". Après avoir écrit, posez-vous ces questions :
Réécrivez ou écrivez la suite (ou la scène qui précède). Ralentir pour mieux entendre le texteLa semaine dernière, après l'atelier, j'avais une idée très claire de quelque chose que je voulais partager avec vous : l'importance de ralentir face à vos textes, de ne pas juger trop vite que tel ou tel aspect peut rester ; que tel ou tel autre devrait sauter ou être déplacé. La matière du texte est toujours plus complexe qu'on ne le perçoit en le lisant. Il faut laisser le temps à l'intelligence du texte de cheminer jusqu'à notre conscience avant d'appliquer notre volonté. J'allais aussi dire que cette patience se travaillait en apprenant à tolérer les points de tension sans les transformer en problèmes à résoudre. Les points de tension nous donnent des informations sur le texte et ce qu'il cherche à devenir. Les supprimer parce qu'ils nous mettent dans l'inconfort revient à nous couper d'un éclairage précieux sur notre matière d'écriture. J'allais ajouter mes recommandations contre l'excès de prudence qui nous retient parfois d'apporter des modifications à un texte dont nous sentons qu'il n'est pas encore abouti, parce que nous pressentons qu'aucune modification n'est anodine. Nous craignons de casser quelque chose de manière irrémédiable si nous coupons ou déplaçons ou reformulons la mauvaise partie de notre texte. Alors nous ne prenons pas le risque et nous contentons de travailler à la marge en cherchant un synonyme ou en déplaçant une virgule, ou en hésitant entre une narration au "je" ou à la troisième personne, au présent ou au passé, des changements qui nuancent la texture du texte sans résoudre les imprécisions de fond. J'avais une vision claire de ce que j'allais écrire, et mon calendrier a fait que je n'ai pas pris le temps de l'écrire tout de suite. Résultat, si j'ai toujours une vision claire du concept, je n'ai plus aucune clarté de la forme avec laquelle je voulais communiquer ces choses. C'est inévitable, dans une vie d'écriture, que ces moments se produisent. Tant pis. Le deuil de la clarté immédiateIl faut apprendre à ne pas se crisper autour d'une clarté perdue, et se concentrer plutôt sur la manière de continuer à écrire. Il y a là sans doute quelque chose de l'apprentissage du deuil de ses idées, ou de l'aisance à embrasser le changement. Je ne peux pas vous dire exactement ce que je voulais vous écrire, qui était nourri des partages d'expérience de l'atelier du mardi, mais je peux vous en communiquer l'essence : ralentissez, faites la paix avec vos inconforts, ne cherchez pas à résoudre trop tôt les tensions (voire ne les résolvez pas du tout), ne craignez pas l'irrémédiable de vos décisions (elles ne le sont pas), apprenez à discerner le vrai travail du travail d'apparat. C'est là que se joue la différence entre le lecteur qui écrit et l'auteur. Du lecteur passif à l'auteur actifLa lecture nous habitue à un rapport passif au texte. Nous recevons un texte fini, dont la forme a été fixée. Nous l'acceptons et la ressentons telle quelle. C'est comme ça que tous les aspirants auteurs commencent à écrire : un texte sort d'eux et ce texte leur apparaît comme une forme fixée. Ils la touchent avec circonspection parce qu'on ne modifie pas le texte d'un livre. L'écriture devient alors un jeu de hasard et d'espérance. Chaque session est un jet de dé qui donnera peut-être un texte dont nous serons satisfait, que nous serons prêt à montrer, qui nous donnera ou non envie d'écrire autre chose qui serait comme une suite. On écrit comme on irait feuilleter les livres en librairie : à la recherche d'une page qui fera mouche, qui nous touchera et nous emportera dans un imaginaire où nous aurons envie de rester. C'est une manière de faire qui va bien si vous aimez l'acte d'écrire et que vous ne désirez pas construire de projet trop vaste et que vous vous moquez d'écrire des textes que vous considérez aboutis. Cette manière de faire cesse d'être satisfaisante à partir du moment où vous voulez avoir une certaine prise sur le résultat de votre écriture (vous voulez, par exemple, savoir que vous pouvez amener la majorité de vos textes à un état d'aboutissement donné), ou que vous aspirez à écrire des projets plus longs (disons des projets qui demandent plus d'une seule session d'écriture). Quand vous voulez écrire autrement qu'au hasard, vous devez entrer dans les habits de l'auteur. Et l'auteur, à l'inverse du lecteur, interagit constamment avec une matière qui n'est pas fixée. C'est la différence entre manipuler de la pâte à modeler sortie du pot et manipuler la même pâte une fois cuite. Dans un cas, la forme reste malléable, dans l'autre elle est figée. La vision artistique : une boussole née de la matièreQuand vous sortez du rapport passif à vos textes, vous faites face à une responsabilité nouvelle. Puisque le texte n'est pas une entité étrangère à votre volonté, comment devez-vous interagir avec lui ? Quelle dose de volonté devez-vous lui imposer ? Quelle part de liberté devez-vous lui laisser ? Quoi modifier ? Quoi laisser en l'état ? À partir de quel moment ça ne sert plus à rien de continuer à le modifier ? Comment décider ce que vous voulez en faire ? Toutes ces questions relèvent de la vision artistique, c'est-à-dire de votre intention pour le texte. L'intention, c'est une direction, comme une ligne directrice qui oriente vos décisions. Cette direction n'est pas antérieure au texte, elle naît de son écriture. Quand vous avez la matière entre les mains, vous pouvez la voir. Avant, c'est un exercice de divination. Vous pouvez dire : "je veux écrire un texte sur l'amour", mais ce n'est qu'une fois écrit que vous saurez que c'est un texte sur l'impossibilité de l'amour, porté par deux personnages de familles rivales, qui cherchent à s'unir malgré l'opposition mortelle de leurs proches. Je n'entrerai pas ici dans les raisons probables qui font que la vérité d'un texte n'apparaît que pendant son écriture. Il suffit de savoir qu'un texte contient une texture, une couleur, une dynamique qui le pousse naturellement dans une certaine direction. Définir votre vision artistique revient à poser la question : qu'est-ce que je fais de cette matière ? C'est une décision qui n'est pas décorrelée du réel. Elle s'appuie sur une matière existante. Plus vous écrivez, plus elle se précise. Vous dites : "ah, ce motif m'intéresse" ou "tiens, ce personnage revient souvent, j'ai envie de lui donner plus de place" ou à l'inverse "cette forme ne me plaît pas, je vais chercher autre chose". Petit à petit, à force d'écouter ce que le texte fait et ce qu'il fait en vous, vous découvrez quelles parties vous voulez garder, quelles parties le rapprochent de votre vision artistique et quelles parties l'en éloignent ou n'y sont pas encore tout à fait. La technique au service de l'intentionC'est sur cette base que les notions techniques comme la structure dramatique ou les décisions narratives deviennent intéressantes, parce qu'elles vous donnent un moyen d'action. Elles vous aident à moins tâtonner à la recherche de réponses à vos envies. Vous savez, à force d'utiliser ces notions, qu'en les appliquant, la plupart du temps, elles vous donnent tel ou tel résultat. Par exemple, la structure dramatique, quand vous l'imposez à votre histoire, la plupart du temps, elle vous aide à gagner en intensité, à éviter les passages à vide de l'intrigue. Ça ne résout pas tout, mais ça donne de la cohérence et du ryhme à l'action. Ou alors vous savez qu'un personnage sans faille paraîtra plus facilement caricatural et factice, alors vous donnez une fragilité à votre protagoniste et il gagne en profondeur et en sympathie. Appliquer les techniques sans vision artistique est plus aléatoire. D'un côté cela vous aide à travailler votre matière première et à l'éclairer pour qu'elle vous mette sur la voie de votre intention (= la vision artistique que je mentionnais plus haut). De l'autre, si vous les appliquez aveuglément parce qu'on vous a dit qu'il fallait le faire, vous risquez de créer un texte très mécanique et artificiel. Alors prenez le temps, même si les réponses vous échappent un temps, de vous poser ces questions sur votre texte. Elles sont la voie qui mènera vos textes à leur aboutissement. À très bientôt, *** Si ce mail vous a été utile, transférez-le aux auteurs de votre entourage ou offrez-moi un café. |
J'écris pour les auteurs qui veulent construire une pratique durable et fidèle à leur vision artistique. Je partage mes outils et mes réflexions sur le métier d'auteur de fiction dans deux à quatre articles par mois. Je vous inviterai aussi régulièrement à des formations pour aller plus loin dans la construction d'une écriture qui vous ressemble.
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