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* cliquez ici si vous préférez lire ce message dans votre navigateur * Si ce mail vous est utile, vous pouvez le transférer aux auteurs de votre entourage ou m'offrir un café. *** Le "CDD", c'est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d'écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires. Vous connaissez : vous avez une super idée, des personnages et des décors en tête, une piste d'intrigue, vous vous lancez et rapidement il s'avère que l'histoire est plus ambitieuse que vous ne le pensiez. Et c'est valable aussi bien pour une nouvelle que pour une saga de trois mille pages (même si je ne voudrais pas me confronter au casse-tête d'une saga de 3000 pages !) Vous réalisez qu'enchevêtrer les différentes parties de votre projet pose des problèmes que vous n'aviez pas anticipés, vos personnages vous échappent, les décors s'effacent à l'arrière de l'arrière plan, et la chronologie commence à vous faire des nœuds dans la tête. Ça nous arrive à tous ! Personnellement, j'imprime mes manuscrits et les étale sur le sol et les murs pour mieux voir la composition de mes histoires, sinon je ne m'en sors pas. La technique qui aidera à y voir systématiquement plus clair, c'est le découpage. C'est en cessant de considérer votre histoire uniquement comme un tout cohérent, et en la voyant comme une succession de segments reliés les uns aux autres, que vous pourrez retrouver un sentiment de maîtrise face à l'ampleur de votre projet. Une forme connue de cette segmentation, c'est le chapitrage. Découper votre histoire en chapitres revient à créer des unités à l'intérieur du grand ensemble, mais qu'est-ce qui constitue un chapitre ? Comment choisit-on ce qu'on y met ou pas ? C'est souvent arbitraire et pas très aidant. Je préfère penser en termes d'unités dramatiques, d'intrigues et de sous-intrigues, de séquences à l'intérieur d'une intrigue, autrement dit : en histoires dans l'histoire. Vous pouvez y penser comme à des quêtes secondaires dans l'aventure de votre protagoniste. Ou des sous-tâches à accomplir pour réaliser son projet. Ou des facettes de sa vie, selon votre sensibilité. Par exemple, si l'histoire raconte comment votre protagoniste change de vie en déménageant loin et en effectuant une reconversion professionnelle pour, disons, être plus près de la nature, vous savez qu'il aura plusieurs couches à traverser pour réaliser ce projet. Trouver un lieu, s'adapter à un nouveau rythme et mode de vie, apprivoiser un nouveau métier, puis trouver un job et apprivoiser son nouvel environnement de travail, se faire une nouvelle vie sociale, etc. etc. La manière dont vous choisissez de décliner l'axe principal éclaire la thématique de votre histoire et son ambiance, mais surtout, cela vous aide à voir les unités autonomes à l'intérieur de la grande histoire. C'est plus utile que le découpage en chapitre parce qu'une unité dramatique peut être éparpillée dans tout le roman, tandis qu'un chapitre occupe une place fixe dans le livre. Par exemple, si l'unité "se faire une nouvelle vie sociale" occupait un seul chapitre, disons le 6e sur 12, ce serait bizarre, ça ferait artificiel. Rencontrer de nouvelles personnes, lier une relation, vivre des choses ensemble, puis d'autres, cela demande du temps et de multiples rencontres qui débordent le cadre étroit d'un seul chapitre isolé au milieu du livre. Relisez le paragraphe précédent : une fois que vous avez identifié les sous-couches de votre histoire, vous pouvez les décliner en situations concrètes. C'est ce que j'ai fait en détaillant ce qui me semblait nécessaire pour raconter avec vraisemblance l'axe "se faire une nouvelle vie sociale" de mon histoire. Vous voyez comment cet axe est une histoire à part entière, avec ses personnages, ses lieux, ses situations et son potentiel dramatique. On peut créer de l'incertitude et de la tension et des rebondissements autour de n'importe quelle relation, a fortiori une nouvelle relation entre des locaux et un nouvel arrivant. C'est comme ça que fonctionne le découpage que j'évoquais plus tôt : vous prenez l'ensemble et le regardez de plus près. Quelles parties distinguez-vous ? Lesquelles peuvent fonctionner comme des histoires dans l'histoire ? Une fois que vous avez fait ça, traitez chacune indépendamment. N'ayez pas peur de casser l'ensemble. Vous connaissez votre projet, vous saurez utiliser vos personnages et vos décors de sorte à créer du lien entre les différentes sous-parties du texte. Vous pouvez écrire chaque "histoire dans l'histoire" indépendamment, en finir une avant d'écrire la suivante. Cela vous évite d'avoir des bouts d'histoires qui flottent et occupent votre espace mental créatif inutilement. Dans mon exemple, je pourrais écrire la totalité de l'unité "vie sociale" avant de travailler sur "l'adaptation à un nouveau mode de vie". Une fois celle-ci finie, je pourrais me consacrer à "découvrir un nouveau métier (formation)" puis finir avec "découvrir un nouveau métier (job)". Cette technique évite de vous embrouiller le cerveau en cherchant à tout faire en même temps, ce qui ne marche jamais très bien. Prenez des notes sur les détails que vous découvrez pendant l'écriture d'une partie pour en intégrer certains dans les autres parties. Si dans "vie sociale", je découvre un lieu intéressant, je peux le revisiter dans "vie pro" ou "adaptation", selon ce qui est pertinent. Idem si je découvre un personnage. Et si vous êtes déjà à l'aise avec ces aspects-là, prenez en compte l'état émotionnel de votre protagoniste. Pour ce qui est de la construction, une fois que vous avez les scènes de toutes vos unités, c'est un puzzle. Pour une bonne partie, la chronologie suffira à dicter où va chaque segment de l'histoire. Certains événements succèdent de manière évidente à d'autres, ou les précèdent. Pour le reste, ça peut devenir complexe si vous cherchez à façonner des effets narratifs comme des effets d'annonce, des révélations ou de la préparation-paiement. Si vous êtes familier de ces concepts, faites-vous plaisir. Sinon, concentrez-vous plutôt sur ce qui vous paraît le mieux, même si vous ne savez pas trop l'expliquer. Je récapitule :
Essayez ça la prochaine fois qu'un de vos projets vous paraît trop compliqué. Vous pouvez aussi vous entraîner sur les histoires que vous lisez. Ne surintellectualisez pas le truc, il s'agit au contraire de sortir de votre tête en vous fiant à la structure pour écrire plus librement. Ne vous souciez pas des chapitres. Soit ils s'imposeront, soit pas. C'est très bien dans les deux cas. Les avantages de cette technique sont multiples. En plus de ceux que j'ai déjà cités, vous terminerez plus tôt des sections importantes de votre projet, ce qui vous permettra de
Notez que vous pouvez aussi bien segmenter à la réécriture pour faciliter vos prises de décisions. C'est ce que je fais avec quasiment tous mes romans pour reprendre de la distance par rapport à la matière. Expérimentez et surtout, amusez-vous ! Anaël "sortez les ciseaux" Verdier PS : Pour maîtriser le concept d'unité dramatique, commencez par la plus petite de ces unités, la scène. J'ai créé une formation à suivre en autonomie, à votre rythme, pour vous guider dans cet apprentissage. Maîtriser la scène, c'est déjà maîtriser l'histoire. Ça se passe ici : https://anaelverdier.thrivecart.com/ecrire-une-scene/ |
J'écris pour les auteurs qui veulent construire une pratique durable et fidèle à leur vision artistique. Je partage mes outils et mes réflexions sur le métier d'auteur de fiction dans deux à quatre articles par mois. Je vous inviterai aussi régulièrement à des formations pour aller plus loin dans la construction d'une écriture qui vous ressemble.
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