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* cliquez ici si vous préférez lire ce message dans votre navigateur * Si ce mail vous est utile, vous pouvez le transférer aux auteurs de votre entourage ou m'offrir un café. *** Le "CDD", c'est le Conseil du Dimanche (qui peut arriver en cours de semaine, voire plusieurs fois par semaine), où je partage mes astuces, outils et anecdotes d'écriture pour vous aider à développer votre pratique singulière et arriver au bout de vos projets littéraires. *** 265 mots. C'est l'équivalent d'une demie page A4, dans une police standard, 12. Quelques paragraphes, un fragment de scène. Si vous écrivez cette quantité de mots tous les 2 jours, vous finirez avec un petit roman au bout d'un an. À peine moins de 200 pages. Quand j'ai découvert ce nombre, ça m'a fait un choc. 265 mots c'est faisable dans presque n'importe quelles circonstances. Pourtant nous nous racontons qu'il nous faut du temps pour écrire, que nous avons besoin d'être immergés dans le projet, que sinon nous n'arrivons pas à entrer dedans. Alors bien sûr, c'est plus confortable d'avoir du temps (encore que, parfois, ça puisse se retourner contre nous) et c'est agréable de pouvoir voyager dans notre histoire pendant trois ou quatre heures d'affilées. Mais tenir quatre heures d'affilée la concentration nécessaire pour rester au plus proche de l'histoire et des personnages, ça demande un bon entraînement mental en amont. Et cet entraînement se fait en s'habituant à "entrer en écriture", c'est-à-dire se mettre dans un état de conscience favorable à la transe créative, et à y rester. En sortir et y revenir. Y rester 10 minutes, puis 15, puis 20 sans décrocher. Le problème des sessions longues, c'est qu'elles mettent notre acuité à l'épreuve. Écrire une histoire qui se tient, ce n'est pas qu'un exercice d'imagination. Cela demande de faire des allers-retours mentaux entre le passage que l'on imagine et la vision d'ensemble du projet. Ces mouvements nous permettent de vérifier que nous sommes bien en train d'organiser l'histoire et les informations d'une façon qui servira l'expérience de lecture plutôt que d'une façon complètement aléatoire qui exigera une réécriture majeure. Je ne suis pas en train de parler de structurer en amont, mais simplement de garder à l'esprit, pendant que nous écrivons, l'impression générale de l'ensemble, de notre fil conducteur, et de vérifier si les nouvelles informations qui nous viennent pendant l'écriture contribuent à un ensemble qui nous plaît et qui nous paraît logique et qui nous semble aller dans une direction qui nous convient. Cette double présence au texte que nous écrivons et à l'ensemble qu'il contribue à construire n'est pas facile à soutenir sur de longues périodes. Observez le moment où l'écriture vous hypnotise tellement que vous en oubliez votre vision d'ensemble. Observez, à l'inverse, les moments où vous vous préoccupez tellement du "livre" et de sa cohérence que vous perdez le sentiment d'immersion dans le passage que vous êtes en train d'écrire. L'objectifs, pour la majorité de nos sessions d'écriture, c'est de maintenir ensemble et en même temps les deux consciences : l'immersive et la globale. Tout texte est d'abord une expérience d'écriture pour vous, et de lecture pour vos lecteurs et lectrices à venir. Donnez-vous des objectifs clairs d'expérience(s) à vivre et faire vivre avant de vous lancer dans les mots. Ils contribuent à préciser votre vision d'ensemble et favorisent votre sentiment d'immersion. Plus d'infos dans ma vidéo ci-dessous (le texte continue après cet encart) Le bénéfice des sessions courtesEn visant 265 mots par session d'écriture, vous réduisez la friction face au passage à l'acte. Il y a moins à produire, donc moins à concevoir en amont, moins à planifier, moins à vous préoccuper de "réussir" votre session. Au pire, vous écrivez 265 mots qui tombent à plat. C'est plus facile de les ranger dans la catégorie "j'ai au moins appris où je ne voulais pas aller" que si vous aviez mille ou deux mille mots. En 265 mots, vous avez le temps d'explorer un décor et une action, de découvrir une intention de personnage, de rencontrer de nouvelles informations sur votre intrigue si vous créez en écrivant. Si vous structurez à l'avance, 265 mots vous permettent de déployer une puce de votre liste d'étapes. En travaillant par sessions courtes et régulières, vous normalisez le passage à l'acte d'écriture. Ce n'est plus un fantasme, ou quelque chose que vous ferez "quand vous aurez le temps", ça devient un automatisme. Vous écrivez vos 265 mots chaque jour. Parfois, vous n'avez pas de projet et ces 265 mots vous servent d'espace d'expression créative. Ils vous permettent de jouer avec la forme, ou avec des idées, de dessiner des personnages ou des décors, de tester des mini intrigues. Et quand vous avez un projet, ils vous permettent d'avancer et de révéler les questions auxquelles votre projet a besoin que vous répondiez. Dans Sillages, mon essai d'écriture qui vient de paraître, j'insiste sur la nécessité de penser l'écriture comme une pratique, au sens où le zen est une pratique, c'est-à-dire une activité ou un ensemble d'activités que l'on répète chaque jour et qui est sa propre fin. L'écriture cesse d'être un moyen pour atteindre une fin externe (un livre, une publication, un partage, une expression) et devient sa propre raison d'être. La raison pour laquelle j'insiste là-dessus ... en fait, il y a plusieurs raisons, mais l'une des raisons, c'est que la pratique de l'écriture me procure un équilibre intérieur, du bien-être, du plaisir, et qu'en même temps le fait de maintenir ma pratique me force à l'engagement, m'oblige à rester conscient de ce qui est important pour moi, de pratiquer en conscience. Et rien que ça, c'est suffisant. Et si c'est comme ça pour moi, je n'ai aucune difficulté à penser (et j'observe) que ça soit comme ça pour certain·e·s d'entre vous. Alors bien sûr, et je le développe dans le livre, cette pratique est indissociable des objets qu'elle produit, mais le livre est comme le fruit de l'arbre, une composante, mais pas sa raison d'être. L'arbre pousse et vit pour lui-même et il se trouve que dans son cycle de vie, il produit des fleurs et des fruits et des branches et de l'écorce, mais même si on le dépouille de ces choses, il reste lui-même, vivant, un arbre traversé par une force vitale. La pratique de l'écriture, dans cette optique, c'est l'arbre. Les livres et les publications en sont les fruits. On peut avoir une pratique hivernale (je file la métaphore) pendant laquelle notre pratique se maintient au minimum, pendant laquelle on n'écrit aucun "livre" et on ne publie pas. Et on peut avoir une écriture printanière, pendant laquelle fleurissent des dizaines de projets, mais ce qui reste, c'est la pratique, qui est une expression de notre force vitale. Ces 265 mots tous les deux jours (j'encourage tous les jours, mais je sais que la vie a une fâcheuse tendance à s'en mêler) constituent une pratique. Oui, ils peuvent aboutir à un roman par an si vous écrivez sur le même projet à chaque session de 265 mots, mais ce n'est pas leur première finalité. Leur première finalité, c'est de vous engager dans votre pratique et d'en récolter tous les bénéfices. Essayez. Essayez pendant un an. Expérimentez d'abord avec la possibilité de ces 265 mots. Quand pouvez-vous les écrire ? Est-ce tous les jours à la même heure ? Est-ce de façon fragmentée ? Comment incluez-vous la réécriture et la réflexion sur leur contenu ? Alternez-vous un jour écriture un jour réflexion, ou est-ce plus mélangé ? Petit à petit, découvrez les obstacles qui s'élèvent, les résistances que vous rencontrez, les doutes, les négociations de votre mental qui ne veut pas de cette régularité (qu'est-ce qui le gêne ?) Au bout d'un an, si vous vous tenez à 265 mots tous les 2 jours, vous aurez écrit 48.362 mots. Je vous mets au défi de n'avoir rien appris sur vous-même, sur ce que l'écriture vous procure et vous apporte, sur ce que vous voulez ou ne voulez pas écrire. Vous pourrez alors décider de continuer ou pas. Mais rien de tout cela n'arrive par accident, il faut le décider, le mettre dans l'agenda, le décider à nouveau chaque jour, et vérifier et renouveler son engagement, ou décider d'arrêter mais sans le subir. Anaël "pas à pas" Verdier PS : Mercredi, sur Youtube, ma prochaine vidéo vous donnera d'autres détails sur ce nombre, comment je l'ai découvert, et comment vous pouvez jouer avec. cette newsletter est gratuite, financée par votre participation à mes formations et vos dons. N'hésitez pas à la partager avec vos amis auteur·ices ou à m'offrir un café. En ce momentRetrouvez mes autres conseils d'écriture sur Youtube. |
J'écris pour les auteurs qui veulent construire une pratique durable et fidèle à leur vision artistique. Je partage mes outils et mes réflexions sur le métier d'auteur de fiction dans deux à quatre articles par mois. Je vous inviterai aussi régulièrement à des formations pour aller plus loin dans la construction d'une écriture qui vous ressemble.
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